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Miscellanées

Toutes les couleurs du monde

J’aime penser que, à chaque être humain, correspond une couleur. Une seule qui le fait vibrer, qui lui fait battre le coeur et monter les larmes aux yeux. Une couleur dont il ne se lasserait jamais, qui serait son totem, sa protection, son refuge et sa source de joie et de puissance.

On ne parlerait même pas de couleur dans ce cas; le terme est trop générique. Ni même de teintes définies, mais d’une nuance infinitésimale, une nuance à l’atome près. Une tête d’épingle de jaune, de cyan ou de magenta en trop suffirait à la faire jurer, à créer la dissonance entre les yeux et le coeur, à rompre la vibration bienfaisante et créatrice qui existait l’instant d’avant. Un bien fragile équilibre quand on sait qu’une couleur, exposée à la couleur de la lumière change de teinte…

(Sauf erreur, photos prises en 2019 au Musée des arts et métiers de Paris,

crédit photo : Valérie Garrel)

Dans quelles conditions improbables un être pourrait-il alors retrouver sa couleur primordiale, y accéder, en bénéficier, y faire appel en cas de besoin ? Et une fois cette couleur identifiée, reconnue une première fois, par recherche ou par hasard, comment la capturer ou comment la reproduire ?

La quête est vaine bien sûr et c’est justement pour cela qu’elle est belle. Infinie, perdue d’avance, sauf peut-être pour un instant bref et émouvant quand les deux, l’être et sa nuance, se télescopent dans la course folle de la vie.

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Miscellanées

Pour ou contre le point d’ironie ?

C’est dans un ouvrage sur la ponctuation, « Un point c’est tout ! de Jean-Pierre Colignon, que j’ai découvert l’existence du point d’ironie.

Inventé par un esprit fantasque et éclectique à la fin du XIXème siècle qui se faisait appeler du nom anagrammé de Alcanter de Brahm, son usage ne s’est jamais répandu et j’avoue que cela m’attriste un peu car je trouve cette idée à la fois utile et poétique.

Voyons comment son créateur en parlait lui-même (et je vous laisserai explorer chacun des mots de son explication dont vous ne connaîtriez pas le sens) :

Je vois deux raisons majeures à son non-usage :

  • Une qui tient au fondement même de l’ironie. L’ironie dans un discours doit, pour avoir son effet, se passer de commentaires, d’explications. De ce fait, seuls ceux qui sont les plus aguerris ou les plus attentifs comprennent le sens véritable du message alors que les autres se méprennent ce qui peut donner lieu à des échanges aussi drôles que méchants. En passant, je vous recommande l’hilarant ouvrage « Petit éloge de l’ironie » de Vincent Delecroix.
  • L’autre, plus moderne, tient à l’avènement dans nos conversations numériques de ces petits êtres que l’on nomme emojis ou emoticônes. Ils remplacent désormais les phrases qui mentionnaient les émotions, les sentiments, les ressentis et parfois même les noms communs dans les phrases. Des hiéroglyphes modernes en somme. Avec autant de représentations, le point d’ironie ne semble plus nécessaire. Et pourtant…

S’interdire l’usage du point d’exclamation, qui est au style ironique ce qu’une enseigne lumineuse au néon serait pour un lieu confidentiel, ou l’usage du cor de chasse dans un quatuor à cordes. Le point d’exclamation, comme on le voit à sa forme, est fait pour clouer. On ne devrait même pas le voir dans la parole. Mais c’est difficile ! (Quant aux points de suspension…)

Vincent Delecroix, Petit éloge de l’ironie

Qu’en pensez-vous ? Aimez-vous ces expérimentations de nouvelles ponctuations ? Pensez-vous que le point d’ironie serait utile à l’heure des médias sociaux?

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L'édition

Les corrections

Petit retour sur une phase très intéressante du travail d’édition : les corrections.

Dans mon cas cela a commencé par un questionnement subtil de mon éditrice visant à établir si j’allais m’obstiner sur chaque virgule ou accepter assez souplement ses suggestions. Je l’ai très vite rassurée; mon texte n’est pas parfait, je suis ouverte à toutes les remarques. On peut donc avancer ensemble ce chantier.

Curieusement cela a été très facile.

Première passe de corrections de l’éditrice elle-même : des corrections orthographiques bien sûr, de la ponctuation et surtout de l’allègement de phrases alambiquées ou « adjectivées » pour rien. Où l’on découvre que l’on pouvait dire la même chose, de façon plus impactante, avec moins de mots ! J’étais ravie de cette première lecture et j’ai demandé à discuter de certains points mais finalement assez peu.

Vient ensuite une deuxième passe faite par un autre correcteur : là, ce n’est plus la même chose, encore des fautes (misère !), encore de la ponctuation (j’avoue que les règles m’échappent, surtout pour les dialogues) mais toujours un peu les mêmes corrections et surtout des incohérences. Superbe travail d’un lecteur qui a aussi fait des recherches pour que l’ensemble se tienne et pour ne rien laisser au hasard. Merci !

Peut-être restera t-il encore des coquilles (que les lecteurs avisés aiment beaucoup débusquer d’ailleurs) mais je suis très contente d’avoir été si bien accompagnée.

Si l’on est déjà conscient que son texte est perfectible je trouve que c’est une très belle expérience.

Et comme disait mon grand-père : « C’est le métier qui rentre ! »

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Les mots

Le mot parfait

Depuis que j’ai visionné cette petite capsule je me demande si j’ai moi aussi un mot « parfait ». Et je dois reconnaître que je n’en trouve pas. Ou que j’en trouve des milliers…

À moins que ce ne soit le mot « livre » ?

Et vous, avez-vous un mot de prédilection ?

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Rien que le bruit assourdissant du silence

Ce tableau est un film

Jean-Michel Othoniel a trouvé des mots justes pour parler de nos rencontres avec des oeuvres et de ce qu’elles m’ont inspiré pour ce roman :

Ce tableau c’est un film en lui-même

Jean-Michel Othoniel
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Miscellanées

Le titre idéal

Lors d’une réflexion sur les titres de livres, une amie nous a partagé cet article et j’ai donc eu l’occasion d’y réfléchir.

Quel serait le titre de livre idéal ?

Le choix est évidemment très personnel (et versatile je dirais) mais si je devais en choisir un aujourd’hui ce serait celui-là:

Il me semble qu’il est chargé d’un grand pouvoir évocateur pour un si petit mot:

  • de la texture, de la douceur pour le toucher
  • un bruissement, un froissement pour le son
  • des couleurs, toutes les couleurs possibles…
  • des voyages avec la route de la soie, la Chine, l’orient…
  • les tissus, le fil, le tissage
  • les mûriers, les vers à soie, les cocons
  • et un peu d’introspection par son homophonie avec « Soi »